En quête d’essentiel

Comme il est bon de retrouver mon clavier. Pour dire combien je suis reconnaissante de cette belle saison de vie que j’arpente avec sensibilité. Je dirais peut-être même hypersensibilité. Je vous offre mes dernières découvertes.

Découverte sur moi-même et mon goût de la rigolade, des fous rires et de la joie de vivre. Ceux qui me connaissent diront que je les avais bien cachés, ces joyaux. Et bien, à vivre une vie absurde dans laquelle on ne se reconnaît pas, on en perd à coup sûr toute spontanéité, toute étincelle. Mais devant la plus totale et abjecte sottise qui m’est dévoilée en cette année 2020, je réagis en me réfugiant dans les bras de la joie et de sa copine le rire qui me convient à des moments festifs tout intimes. Pour me libérer du trop de lourdeur qui afflige. Je me tisse un nid dans la simplicité grandissante qui m’allège et me libère de trop de conditionnements. Je me dessine des moments, des saveurs et des images qui m’enchantent et me font entrer de plein pied dans la vie en riant.

Découverte d’un univers, celui des autres dont très souvent je n’arrive pas à discerner les contours ni les règles. C’est abasourdie que maintes fois je finis par comprendre la finalité d’une quête et d’une relation. Cela a toujours été … mais c’est plus évident et je dirais plus aigu, plus ressenti, depuis que « le virus » s’est invité dans nos communautés. Ce qui est divin, est que je ne suis d’aucun intérêt pour cette communauté centrée sur ses intérêts. C’est qu’il est désormais possible pour certains de côtoyer les indigents en toute indifférence, à l’abri de garanties et privilèges en sursis. C’est triste, d’une tristesse décuplée du fait que le temps fera son oeuvre et contaminera ces privilégiés drapés d’insouciance et trop souvent d’insignifiance. J’apprends à les flairer – désormais très facile – et à m’en éloigner respectueusement. J’apprends aussi la solitude de qui loge à l’enseigne de l’essentiel, loin de la fête et de la suprématie des apparences. Loin de la peur qui actuellement sert de ciment aux théories et allégeances les plus farfelues.

Seule, je me retrouve et ensemble je nous découvre. En silence, pour ceux qui savent lui réserver une place à table. Dans la douceur du dénuement, de l’incertitude-reine apprivoisée, l’amour rigolo de la vie et ses fantaisies. J’apprends à danser en souriant sous la pluie, à perdre mon temps – oh crime si terrible dans ma vie d’avant – à m’envoler lorsque le discours s’appesantit et se fige. Et là-haut j’explore le territoire de ce qui compte vraiment, des mots pour dire vraiment, du silence de qui sait écouter, de la certitude que j’aurai toujours ce dont j’ai besoin.

Cette année 2020 est bénie. Elle a sonné le glas d’une très et trop longue mascarade destructrice. Il est dommage que de nombreuses victimes en fassent cruellement les frais. De cela, il faudra se rappeler que nous sommes tous et chacun responsables et désormais rappelés à l’ordre. Invitation à l’humilité, la simplicité, le silence et l’écoute en quête d’essentiel.

Avant …

S’aventurer en pays inconnu, un peu davantage à chaque pas. Voici ce que le menu me propose, en fait nous propose en cette saison de l’incertitude. Je choisis de me laisser porter par les vagues de cette mer certes un peu agitée, mais pas si mal lorsqu’on a enfin enterré ce passé qui ne sera plus. De toutes manières, il était moche. On devait le « photoshopper » en permanence…

Alors, baluchon léger, j’observe les vagues. Je surfe sur quelques unes, juste pour voir où elles me porteront… Car ce chaos naissant, préface de raz-de-marée imminent est terreau fertile d’opportunités à qui sait percevoir, recevoir et offrir. La résistance dans le lâcher-prise comme on respire, la mouvance en marées, une insoutenable légèreté s’installe nous dépouillant d’un trop d’ancrages.

Je me retrouve un peu nue et ça fait du bien. J’apprivoise le sourire pour parure et je m’invente des projets à base de vent. Autour de moi, l’équipage s’allège de ce réseau mafieux qui ne sait que profiter, exploiter ou parasiter. Dévoilement au grand jour de ce qui nous infestait depuis belle lurette et que la vie cherche désormais à expulser. Le plus malin ne sera plus le vainqueur. Le nouveau mot d’ordre est « collaboration« , chacun y allant de ce qu’il est, non plus de ce qu’il a, risibles pacotilles.

Il y a beaucoup de joie dans cet itinéraire pour qui sait accueillir ce nouveau paradigme. Une occasion nous est offerte de corriger le tir et de réapprendre à nager. Et de vivre, ne serait-ce qu’une minute, peut-être deux et pourquoi pas trois, quatre,… etc. ce que très peu de gens faisaient en fait avant…

Poésie au rendez-vous

Poésie. Elle m’est essentielle, … absolument, au quotidien. Elle me nourrit autant que les agrumes ou la musique, ou la peinture ou les couchers de soleils, ou les promenades avec mon chien. Elle m’a manqué si souvent trop longtemps. Je la retrouve auprès des arbres qui jouent avec les rayons du soleil, en ce matin encore tout frais dans cette ville que j’aime.

Peu de gens en connaissent l’orthographe, savent la conjuguer. Elle ne se retrouve pas en ligne ou dans quelque boîte livrable. Elle est dans la texture de la présence, du regard, du silence. Elle a le parfum de l’amour qu’on ne devrait finalement offrir qu’à la vie … surtout à ne pas souiller aux passions aveugles nous réduisant au statut d’esclave. Je la décèle partout cette imposture à laquelle j’ai succombé plus d’une fois … Oui, l’aveuglement bête est un virus auquel l’immunité est lente à construire pour certains dont je suis.

La poésie, c’est autre chose. Elle loge aussi dans un moment de certains rapports entièrement libres cependant. Sans lois ni contrat, sans chaînes, parfois éphémère, ou alors éternelle, capricieuse. Il faut cependant la mériter.

En entreprenant de briser les chaînes de nos conditionnements, une à une, projet de vie s’il en est un. En s’exilant un peu ou beaucoup, c’est selon, mais toujours au moins un peu, pour rompre avec le confort dont le venin est mortel. En plongeant dans les méandres de nos peurs, nos angoisses, en un rendez-vous avec soi-même au festin de l’alchimie.

Sur ce parcours intime dont le courage nous révèle la quintessence des rien-du-tout qui sont parcelles d’étoiles à notre disposition, la poésie est la compagne idéale, qui berce, nourrit, abreuve, cajole, amuse, et démasque les abruti(es). Elle est mon armure en cette saison des contaminations et excès qui pullulent et brûlent, parfois même mordent…

Poésie … Elle est pour moi découverte en cette saison éclatée, dans ces lieux magiques que j’explore depuis peu, cachée sous divers déguisements, jamais très loin, à la faveur d’un clin d’oeil, d’une indiscipline à saveur d’essentiel. Nous avons tous de tels rendez-vous … nombreux … à l’adresse de nos vulnérabilités et du seul amour véritable qui est celui de la vie pour le meilleur et pour le pire.

Je vous offre ces lignes en bouquet, avec comme parfum le secret d’une accessibilité universelle … car dans ce temps d’avant qui a été mien très longtemps, je ne me serais jamais cru capable d’écrire ces lignes … mais là jamais … alors … je vous offre d’y croire vous aussi en vous laissant aller à la folie au menu du jour…

Ensemble

J’apprends qu’il est primordial de trouver la voie et la voix de l’amour. Au-delà de « j’ai raison » ou « c’est ce que je sens distinctement« . En mode primordial et déterminant. Car nous sommes tous reliés, bien davantage que nous ne le croyons. Depuis la tour de « notre connaissance« , c’est la main tendue à cet ignare ou cet impur, (le choix du mot dépend d’où on vient) celui ou celle qu’on pourrait être tenté de mettre de côté, qui rend toute sa valeur au privilège de la révélation qui nous fût gracieusement offerte. Cette main de « service » dans l’humilité. Elle est notre phare, notre bouclier. Plus besoin de salamalecs….

Main tendue respectueuse, main tendue dans l’amour. Et très souvent dans le silence. Car les mots, ils sont l’appanage de l’intellect dont le piège est la peur. Une peur juste, très réelle en tel territoire. Alimentée par la tendance… Silence et prière, dans un élan pour rejoindre ce coeur de manière sincère et efficace, la seule destinée à quelque succès s’il en est un.

Je découvre cette voie en ce temps de pause. C’est pour moi une source de grande joie. Car elle alimente une intention, un désir, un projet qu’elle projette dans sa réalisation, aujourd’hui même, en déjouant les pièges de l’égo.

Je me fous royalement d’avoir raison. Je suis vaccinée à ce précepte. En cette journée qui m’est si précieusement offerte, je ne souhaite que tendre la main, célébrer la réunion rendue possible et garder la porte entr’ouverte pour qui choisit de se détourner. Et ne pas tomber dans le précipice de la désolation, en gardant le cap sur l’incommensurable beauté qui est là tout juste à la jonction du ciel et de la terre offerte à ceux qui choisissent d’aimer et de carburer joyeusement à cette énergie.

Communier

Ces derniers jours, je me suis penchée sur une réflection concernant l’abondance. Je suis à travailler sur mon enracinement et les aspects matériels de ma vie. Il s’agit de mes points de vulnérabilité faute d’investissement sérieux de ma part. En fait je sui à me libérer d’un lien karmique malsain en réaction à une perspective de manque.

Lorsqu’on donne du pouvoir à la réalité du manque ou de son éventuelle possibilité, on s’installe dans le royaume de la peur. Cela peut très facilement générer l’édification d’un capharnaüm de matériel qui n’apporte pas de joie réelle mais contribue plutôt à appesantir nos bases et polluer notre décor. Et on vieillit plutôt mal dans un tel encombrement. Tout cela sans aucune conscience, comme en réponse à un réflexe encouragé par de nombreux conditionnements. En tout cas, ça fait rouler l’économie…

Tout cela n’a rien à voir avec l’abondance. Elle est d’abord une sensation intérieure qui nous fait vibrer à la vie en communion avec tout ce qui est. Je la perçois avec grande acuité au lever du soleil. J’ai le grand privilège d’être aux premières loges de ce spectacle quotidien où je vis. Je ne me lasse pas de l’émerveillement qu’il suscite en moi. Ce soleil majestueux. chef d’orchestre de la symphonie de la vie sous ses divers contours. Prendre le temps d’apprécier les détails de la trame de la vie, s’immiscer dans un vécu de gratitude et de bien-être pour créer les moments de notre journée est à la base d’un vécu de joie qui est le reflet le plus juste de l’abondance.

On est très loin du besoin de posséder qui est malheureusement associé à ce qu’on définit comme abondance. Ce besoin de posséder est une prison qui réduit le cadre de notre expérience dans l’enclos d’une fausse sécurité dont le prix est le sacrifice de la joie. Il est souvent triste de devoir sacrifier une journée pour arriver à posséder alors que la joie réside en la capacité d’être présent à ce qui est gratuitement, en toute simplicité. On peut même, comme dans mon cas, devenir à ce point endoctrinés dans le consumérisme qu’on devient coupés de son ressenti, sa capacité d’émerveillement, la simple joie d’être vivant. Etre déconnecté de soi est la source de l’isolement (qui peut se vivre accompagné, attention!), de l’assaut des peurs (car la seule véritable assurance en ce monde vient de l’intérieur), de l’enfer des excès qui défigurent notre corps et notre décor.

S’arrêter maintenant, se taire, plonger dans le silence, savourer le moment et ce qu’il nous offre si généreusement même sous la pluie. Connecter à la joie d’être vivant même dans la pire des crises. S’émerveiller de la fantaisie des détours du parcours qui nous révèlent à nous-même pour le meilleur et pour le pire dans l’écrin de nos vulnérabilités. Voilà autant de décors d’une abondance substantielle à laquelle je vous souhaite de communier au quotidien.

L’invitation

C’est avec fascination que j’observe la synchronicité opérer dans ma vie. Dès que je ferme la porte résolument et avec conscience sur certaines manières de vivre, d’autres avenues se révèlent et me procurent une joie délectable.

C’est ainsi que j’ai été à la croisée d’un message portant sur nos vulnérabilités. Plus j’avance, plus je perçois l’importance capitale de mes vulnérabilités. Elles se situent au coeur même de mon appel, tout autant que le sont mes talents et mes forces. Elles demeureront certes à protéger des prédateurs. Mais elles doivent être invitées dans l’intimité de mon expérience, toutes premières marches de l’escalier de mon évolution.

Viser l’authenticité et l’offrir en partage est un joyau dont la fragilité révèle la force. En cette époque qui nous met au défi en bousculant nos structures, il me semble que nous sommes appelés à incarner un autrement. Un autrement depuis notre intimité, depuis nos peurs, notre fragilité, notre intention première émergeantes. Pour ceux qui se laissent tenter par une manière d’être « hors de la boîte« , elle est cette photo sans artifice, ce baluchon tout léger, ce silence, ce dénuement.

Oser être avec un simple sourire, oser dire ce qui nous habite, exprimer qui nous sommes et l’offrir à la vie pour devenir « une » avec elle. Accueillir ce qui nous est offert au quotidien comme étant juste et bon. Y proposer notre réponse en toute simplicité sur le dessin d’un sourire. Enfin divorcer officiellement de cette manière d’être toute superficielle pour s’envoler vers un enracinement plus authentique.

Semer cette intention aujourd’hui, chacun à sa manière, c’est je crois répondre à l’invitation qui nous est faite.

Créer une rose

Prendre soin de soi, se mettre en priorité totale et absolue n’est pas un caprice. C’est notre toute première responsabilité. Voilà une autre chose que je comprends sur le tard dans ma vie.

Oh que oui, j’ai fait passer bien du monde, de nombreuses responsabilités avant mon bien être le plus élémentaire. Je me suis livrée en victime à des chacals qui en ont profité. Rien de très grave. Il s’agit d’une simple histoire dont j’ai été lente à saisir les leçons. De plus, je me suis aussi très mal entourée. Cela appartenait à mon karma, je crois.

Quelqu’un me parlait dernièrement des « égoïstes ». Il semble qu’ils se démasquent en cette ère trouble. L’intention des autres ne nous appartient pas. Mais il est de notre toute première responsabilité de ne pas nourrir un vice au prix de notre bien-être le plus essentiel. Savoir reconnaître et imposer nos limites est notre responsabilité.

Durant de nombreuses années, je ne l’ai pas fait. On m’a appris qu’aimer c’était se sacrifier. On m’a appris à répondre à ce qui m’était demandé sans discuter. Aujourd’hui, j’apprends qu’il peut en être autrement. J’apprends à ressentir, à me réjouir des qualités et talents dont je dispose, et surtout à accueillir la part d’ombre tissée de peurs et de lâchetés qui font aussi partie de moi. J’apprends à me tenir debout et à dire « non » lorsque c’est nécessaire. Même lorsque ça va déranger.

Accueillir sa part d’ombre sans juger ni dramatiser. Accueillir avec la détermination de façonner le tout en offrande à la vie. Pour créer une rose sur la boue. Humblement, joyeusement, avec détermination, un jour à la fois.

Je n’y peux rien …

Hier, je me suis retrouvée en territoire jusque là inconnu. Par hasard. Je ne m’y attendais pas. Et je fus à même de percevoir le poids de l’inconscience qui anime certaines personnes.

Oui, pour certains, et beaucoup plus que je ne me l’imaginais, la fête continue… Tous revêtus de beaux vêtements, maquillées, soignés à grands prix, ils font rouler les billets de 50 euros. Alors que d’autres ont faim … se demandent comment ils vont affronter le prochain mois, la prochaine semaine, le prochain jour. Rien de nouveau à tout cela. Maintenant, c’est juste plus criant, plus proche.

Je n’ai pas aimé ce spectacle. Il ne m’a pas repue, du tout. En fait, j’ai eu du mal à digérer. Attention, je ne juge pas. Du tout. Je peux très bien percevoir que tous ces gens ne sont pas du tout animés de mauvaises intentions. Ils ne font que choisir l’insouciance, le divertissement, la voie de facilité. Comme je l’ai moi-même fait très longtemps. J’en prends aujourd’hui toute la mesure. Mais désormais, nous sommes plus que jamais à l’heure des prises de conscience, des responsabilisations, de la nécessité impérieuse d’engagement pour le bien commun. Au nom de la planète, de la vie.

J’ai l’impression de me répéter encore et encore. Mais pour moi c’est tellement clair. Je souhaite participer à un éveil collectif qui donne accès à quelque chose de si simple et fabuleux, là tout juste. Duquel plusieurs choisissent de se détourner. Je n’y peux rien …

Avec joie!

Je me surprends à entrevoir des paysages inédits, fabuleux, d’une teneur toute en joie, légèreté et bien-être. Et ce qui est absolument exquis est que ma perspective toute concrète n’a absolument pas changé. Ce que je vous ai décrit en introduction se loge dans mon senti, dans mon regard.

Cette détoxication fait vraiment boule de neige, en ce qu’elle génère une énergie qui déborde de partout, qui me fait rencontrer les bonnes personnes, me poser enfin les bonnes questions et visiter des possibilités insoupçonnées. Ma détoxication m’a révélé des blessures innombrables d’un non-respect à ce point envahissant que j’en suis venue à l’institutionnaliser.

Et cette prison, construite de bonnes intentions, de rigidité, de tentatives renouvelées à me conformer au moule au sein duquel j’avais pourtant un rôle adulé, s’est cristallisée dans mon corps qui a su résister. Et m’offrir la clé de ma rédemption. De m’ouvrir tout doucement à la falaise des possibles d’où je pourrais m’envoler. Fait d’autant plus réalisable que j’ai fait le ménage de mes besoins. Je me suis libérée d’une très et trop longue liste d’impératifs auxquels j’ai été conditionné.

Oui, on peut vivre sans voiture, sans teinture, sans conjoint, sans télé, sans Instagram, sans domicile tout photoshoppé. Oui, on peut se réinventer tous les jours à tout âge! Oui, on peut donner forme à ses rêves encore et toujours.

Il suffit d’y croire et d’assumer de sortir de sa zone de confort. Car parfois à continuer à manger de la viande de production industrielle chargée de chimiques lourds provenant de conditions animales pas vraiment équitables, à poursuivre une relation malsaine dans un couple désassorti, à maintenir un rythme de vie qui ne nous est pas adapté, on se pollue le corps, l’esprit et l’âme avec comme seule issue la maladie ou pire la mort.

Se prendre en main, par contre, c’est s’offrir le cadeau de la vie, aujourd’hui. C’est tendre les bras à l’instant pour le saupoudrer de la magie du possible. Avec joie!

Perspective de maturité

J’avance dans mon aventure de détoxication. Depuis cinq semaines, je m’alimente presqu’exclusivement de végétaux provenant du marché (genre kilomètre zéro – non des supermarchés). Quelques oeufs, des légumineuses et quelques céréales et fruits. Je commence à en ressentir l’impact favorable sur le plan de mon énergie ainsi que sur ma capacité à procéder à une détoxication sur d’autres plans (mental, émotionnel, structurel).

Je me réjouis de comment je me sens. Pour moi, il s’agit d’une découverte rafraîchissante et pleine de vie. Je crois que j’étais mûre pour cette étape que je savoure pleinement.

Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de constater que je suis en mesure de me libérer de nombreuses charges émotives cristallisées dans mon corps. Des désillusions, des agressions, de la colère toutes mal gérées depuis mon ignorance de l’époque qui se sont réfugiées dans mes muscles, mes articulations, ma colonne. Avec les années, j’ai appris à accueillir les nuances du vécu dans toute la gamme de ses vibrations, sans juger ni me victimiser ou me culpabiliser. Les percevoir comme autant d’expériences d’apprentissage. Le moins possible me figer dans des attentes et m’ouvrir chaque jour à ce qui se présente avec joie, même lorsque c’est plus difficile ou contrariant.

Ce virage d’attitude, car c’en fut tout un, a été pour moi capital. Accueillir tout, absolument tout. Les succès, les privilèges, les innombrables cadeaux de la vie, la santé qui m’est fidèle, aussi bien que les pertes, les déceptions, les virus, tous bienvenus en ce qu’ils font partie de mon histoire, de mon parcours, de ce qui donne un sens à ma vie.

J’ai pu ainsi évoluer grandement dans la qualité de mes rapports avec la vie aussi bien qu’avec autrui. J’ai enfin pu apprendre à libérer mon entourage d’attentes ou encore à ne plus les responsabiliser à mon égard. J’accueille en me réservant le privilège de répondre en ce que je suis. J’aspire à élever la teneur de cette réponse autant que je le peux.

Car je reconnais à chacun le privilège de choisir à tout moment, le droit fondamental à une totale liberté. Et plus j’avance, plus je saisis à quel point chacun y va de ce qu’il peut, très souvent en bonne foi.

Dans la même ligne d’idée, je me suis affranchie de la victimisation qui était le piège numéro un dans la trame de mon histoire. La victimisation ne mène nulle part ailleurs qu’à un emprisonnement dans le passé et elle entrave la créativité permettant de transcender la blessure.

Créativité comme écrire pour offrir ma part d’expérience, m’apprivoiser et apprendre à m’aimer, travailler mon terreau pour le rendre plus adapté à ma floraison, m’ouvrir aux possibilités d’épanouissement ici et maintenant, me réjouir de chacun des pas accomplis.

Et dans ce décor, chaque jour détoxiquer un petit peu, libérer les accumulations de l’ignorance en toute simplicité et avec joie. Je crois que je deviens plus mature…